La première voiture crowdsourcée est née avec Local Motors
Jusqu’où peut aller le crowdsourcing? Loin d’après moi. De nos jours, de plus en plus d’éléments sont crowdsourcables. Du design de la bouteille Mir aux T-shirts Agnès b., la foule peut tout faire. Même des voitures ? vous entends-je déjà questionner, oui même des voitures. C’est Local Motors qui ouvre le bal, gageons que ce n’est qu’un début.
Local Motors
L’idée de Local Motors, c’est avant tout d’être spontané et modulable. Comme l’explique le fondateur, Jay Rogers, il s’agit de ne plus produire de véhicules comme on le fait à Détroit, au Japon ou en Europe. On se repose sur des micro structures plus réactives avec des mini séries de voitures. Et surtout une proximité. Son objectif, aux USA, ouvrir de 35 à 50 nouvelles usines afin de se trouver à moins de 5 heures de route de quiconque désirerait une voiture Local Motors.
L’intelligence de la foule.
“Si le crowdsourcing nous apprend que les gens attendent des véhicules hybrides ou électriques, nous le ferons”. C’est donc une démarche particulièrement consumer centric que la marque met en place. La différence est que la marque ne produit pas tous les composants. Par exemple,pour un moteur hybride, elle va simplement acheter les composants qu’elle n’a pas la capacité de produire et les intégrer à sa chaîne de production…Modulable on vous dit.
Et donc je peux faire ma voiture tout seul, en DIY?
Presque. A l’heure actuelle c’est plutôt le design qui est crowdsourcé, et voici comment ca se passe.
La marque exploite une règle bien connue d’Internet, 1% des internautes créent et 10% votent. Le flagship car, c’est le Rally Fighter un véhicule au design proche de celui d’un buggy. Ici, les designs mis en ligne sont vus et choisis par la communauté et les mieux notés sont produits en mini séries. La marque s’attache à des parties immuables, notamment concernant la sécurité, le reste appartient à la communauté. Que ce soit les poignées de portes, le tableau de bord ou la couleur des sièges, tout est réalisable.
Finalisé, le véhicule peut être soit assemblé dans l’usine, soit livré en kit et monté par l’acheteur. un jouet grandeur nature en somme.
Les résultats
L’initiative est globalement positive. Notamment car elle tord le cou à une idée selon laquelle le crowdsourcing est une exploitation des internautes et une concurrence déloyale aux vrais créatifs. Jay Rogers explique que l’idée lui est venue en constatant que seuls 12 à 20% des étudiants diplômés en design trouvaient une place où ils le désiraient et que par conséquent, une grande masse de créativité se perdait dans la nature. C’est cette partie que le fondateur de Local Motors désire aller chercher.
Là où Local Motors marque un point important, c’est qu’elle s’implante sur des micro segments au sein même du marché. Avez vous déjà pris conscience que chaque marque automobile possède ses propres éléments afin de se différencier des concurrents? En somme, chacun ses essuie-glaces, ses poignées de portes, ses fermetures de coffre… Et même au-delà de ça, des éléments différents pour chaque modèles afin de les rentabiliser. On arrive vite à une quantité considérable de pièces. Local Motors a une approche différente. Les éléments étant crowdsourcés et produits en mini-séries, la société dispose d’une flexibilité et d’une adaptabilité plus grande, avec des modèles destinés à un nombre plus restreints.
Pour ce qui est des résultats, en terme de réactivité, c’est plus que convaincant. Local Motors annonce un temps de production (de la conception à la sortie de chaîne) de 18 mois, pour un coût global de 2 millions de dollars. Dans un circuit classique on est plus proche des 6 ans et 200 millions de dollars. Si on ajoute à ça que le consommateur est au cœur du procédé, que c’est logique et résolument écolo, on peut prédire que Local Motors sera le fer de lance d’une nouvelle tendance automobile.














