Les journalistes essaient de devenir participatifs…
Les journalistes de RFI ont tenté l’expérience de faire réellement participer leurs lecteurs. Une grande première dans l’univers des médias.
Espritblog a interviewé Anne-Laure Marie qui a mené pendant plusieurs semaines des enquêtes participatives auprès des membres de la communauté de l’Atelier des Médias.
La journaliste a ainsi put dialoguer avec les internautes, interagir avec eux, susciter des réactions, des polémiques, en résumé : établir un lien ! Longtemps caché derrière leurs articles, les journalistes nés avec le web seraient-ils en passe de se transformer en “blogueurs pros” ou “community manager” ?
Extraits de cette interview :
Espritblog : Concrètement, à quoi ça ressemble, une “enquête participative” version Rfi.fr ?
Anne-Laure Marie : C’est celle qui est en cours ! Ce n’est pas une boutade. A part le concept d’échange avec les internautes, la méthode reste très empirique. Pour la première, l’idée était de rassembler les gens autour de l’outil dont ils se servent pour participer au forum. J’ai commencé par des sujets qui me semblaient de nature à intéresser les membres de l’Atelier des Médias. Puisque je cherche des témoignages et non des opinions, il faut donc que les sujets puissent avoir été « expérimentés » par les participants. Et ce afin qu’ils puissent me dire : « Moi aussi ça se passe comme ça chez moi » ou bien le contraire. Il faut aussi que je puisse vérifier à distance les infos qu’ils me donnent. (…) Pour la dernière enquête, j’ai tenu à élargir le réseau des contributeurs en prévenant que celle-ci allait être lancée dans les milieux universitaires, là où les gens étaient le plus susceptibles d’être intéressés. Ca a permis d’ouvrir le panel de témoins et c’est un « plus ».
Espritblog : A “production” égale, une enquête participative demande-t-elle plus de temps qu’une enquête plus classique ?
Anne-Laure Marie : Oui, parce que le rythme doit être coordonné entre les contributions sur le forum, les interviews de spécialistes, les commentaires à ces interviews (que je mets en ligne intégralement sur le forum). Bref c’est un « travail d’équipe ». Il faut également souvent relire les commentaires pour en extraire les passages les plus frappants. Cela peut se faire en partie « au fur et à mesure ». Mais comme pour un montage (radio) classique, il faut bien attendre d’avoir toute la matière avant de rédiger l’attaque et la chute.
Espritblog : On a l’impression d’un renversement des rôles. Longtemps, c’était le lecteur qui aurait souhaité dialoguer avec le journaliste. Là, c’est un peu l’inverse : on sent que vous “mettez en scène” et “animez” les débats, en jetant des pistes, des ponts, en suscitant des réactions.
Anne-Laure Marie : J’ai toujours considéré ce métier au sens littéral du terme comme le moyen de « faire lien » - (médium - au sens journalistique !) entre les gens. Là, j’ai l’occasion de le mettre en pratique et c’est très intéressant. Car au bout d’un moment, en tant que journaliste, on pose ses questions parce que l’on connaît les réponses qui nous intéressent et qu’on veut qu’elles soient dites. Là, effectivement, il s’agit davantage de modérer un débat avec une salle de gens qui vivent le sujet et de trier ensuite les infos. C’est effectivement plutôt un rôle d’animateur
Pour retrouver l’ensemble de l’article : Le journalisme participatif ne tâche pas les doigts.














