Financer sa start-up en crowd funding
Medianomad est une société marseillaise qui a crée un site de carnets de voyages multimédias en ligne. Le site et ses créateurs jouissent d’une bonne réputation sur la toile et réalisent quelques gros partenariats. Mais voilà, pour lancer sa V2 le site a besoin de fonds et a décidé de faire appel à une souscription participative pour trouver les 90 000€ qui lui manque. Une souscription qui se termine Samedi, alors faites vite ! Rencontre avec Benoît LAURENT co-fondateur.
Benoît bonjour, vous êtes à l’origine de BeNoot, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit ?
BeNoot est une plateforme web communautaire et collaborative dédiée au voyage. Dans la version actuelle, il s’agit d’un site centré sur la publication et le partage de carnets de voyage multimédia (photos, vidéos, sons et textes personnels).
Jusqu’ici comment étiez-vous financé ?
Au départ, nous avons reçu un soutien important de la part du tissu économique et institutionnel local (Incubateur multimédia Belle-de-Mai, plateforme d’initiative locale, banques, etc.) mais dans une large proportion, le projet fut (et reste) financé sur fonds propres.
Vous avez lancé BuzzMoney, pourriez-vous nous expliquer le concept brièvement ?
Pour développer la V2 de BeNoot.com, nous avons besoin de 90 000€. Ne trouvant aucun Business Angel prêt à jouer le jeu avec nous, ni même de LoveMoney, nous avons imaginé une opération « participative » destinée à permettre à notre réseau d’investir et donc de participer à la vie future de la société. Le principe est très simple : la société a été découpée en 1300 parts. Nous avons mis en vente 300 parts au prix unitaire de 300€ (300 x 300 = 90 000). Pour faciliter les échanges, un site web a été mis en place.
Avez-vous déjà des soutiens du monde du web ?
Nous avons eu le plaisir de recevoir assez rapidement des soutiens importants. Plusieurs acteurs du web dont nous sommes proches ont pris la décision d’investir et, convaincus par le potentiel de notre société, ces personnes ont pris l’initiative de relayer le message via leurs supports personnels d’expression (mails, blogs, twitter, facebook, etc.). Très rapidement, le bruit s’est répandu et en l’espace de quelques jours, nos boites de réception furent saturées de mails. Un très grand nombre d’internautes s’est donc emparé du truc et progressivement, le buzz est parti.
La crise a-t-elle joué dans votre décision de passer par le crowdfunding ?
Oui et non. On pourrait dire qu’elle nous a forcé à chercher un moyen à la fois insolite et sérieux de trouver des fonds en capitalisant sur notre réseau direct.
Que proposez-vous aux investisseurs ?
D’un point de vue très financier, nous leur proposons de prendre des parts d’une startup web à « fort potentiel ». Plus largement, notre volonté est de fédérer une véritable communauté d’associés qui seront directement impliqués dans la vie de l’entreprise et spécifiquement dans le développement de BeNoot. Il n’est pas question pour nous de solliciter nos 80 partenaires à temps plein mais bien de faire en sorte que ces 80 cerveaux soient en veille permanente pour faire que notre (notre = eux + nous) site soit le plus proche des attentes, besoins et envies des voyageurs.
Pourquoi ne pas participer aux concours d’entrepreneurs ?
Au départ, nous participions régulièrement à des événements de ce type mais au final, cela s’avère très chronophage pour un retour qui n’est pas évident du tout. Nous continuons à le faire mais de façon très ponctuelle.
Pensez-vous que vous avez ouvert la voie vers des nouveaux modes de micro financement de société ?
Très honnêtement, nous ne pensons pas avoir été les premiers à penser à cela. En revanche, nous sommes peut-être les premiers à l’avoir expérimenté à cette échelle. De là à dire que nous avons ouvert une voie, nous ne savons pas. Si cela devait être le cas, nous en serions ravis mais nous nous garderons bien de l’annoncer ouvertement aujourd’hui.
Si ça marche vous pensez faire un “mymajorcompany” des start-ups ou continuer votre projet ?
Sans aucune hésitation : continuer l’aventure BeNoot. Et pourtant, ce ne sont pas les sollicitations qui manquent. Clairement, depuis le début de cette aventure, nous ne comptons plus le nombre de sociétés ou porteurs de projet qui sont venus vers nous pour nous proposer de développer un service comme celui-ci mais avec une vraie dimension entrepreneuriale (la concurrence promet d’être rude sur ce marché). Cela dit, notre passion et notre domaine d’expertise reste le tourisme, ce qui est très loin de la finance.
A 5 ans, quel est l’avantage d’avoir investit dans Benoot ?
Avoir vécu une aventure forte qui aura permis de mettre en place un site web devenu la référence internationale et le point de passage obligé pour n’importe quel voyageur et ceci à n’importe quel stade d’un voyage : avant, pendant et après. Et pour ne rien gâcher, un retour financier important est largement envisageable.















30 janvier 2009 at 12:01
[...] Moi j’ai souscris et vous ? 2.0 etc [...]
26 janvier 2010 at 19:29
La démarche est louable. Elle reprend les fondements du micro-crédit.
MC
http://www.mikael-cabon.com/2010/01/26/financement-participatif-quand-co-financer-une-oeuvre-devient-un-business/